La plume du lundi, Médias

Un déficit de 200 000 abonnés en 3 mois : Netflix encaisse le coup.

La plume du  lundi  revient sur les informations importantes à retenir au cours de la semaine écoulée sur le web social. 

Info business

7 ans après, Deezer retente sa chance en bourse

Gare à Spotify : Deezer débarque en bourse ! L’opération, qui promet une valorisation de la plateforme de streaming musical à hauteur de 1,05 milliard d’euros, intervient sept ans après sa première tentative d’investir la bourse de Paris. Prévue pour fin juillet, l’entrée au CAC 40 de la firme française s’établira à l’aide d’une fusion avec I2PO, un SPAC ayant pour but de booster la valorisation de la plateforme lors de son introduction. Lancée en 2021 par la famille Pinault, Matthieu Pigasse et Iris Knobloch, actuelle directrice générale du SPAC et future présidente du Festival de Cannes, la fusion entre les deux entités a pour objectif d’ « emmener Deezer dans une autre dimension » selon Jeronimo Folgueira, le directeur général de la plateforme tricolore. « Aujourd’hui, nous bénéficions d’une position unique sur le marché en pleine croissance du streaming musical, avec un produit très compétitif, une stratégie claire et une équipe de direction expérimentée et renouvelée », s’enthousiaste-il.

Selon le communiqué annonçant leur projet d’entrée en bourse, l’un des objectifs phares de l’application musicale est d’orienter ses investissements vers l’international. Déjà disponible dans 180 pays, Deezer et son nouveau partenaire espèrent atteindre un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros à horizon 2025, ce dernier avoisinant les 400 millions d’euros en 2021. Enregistrant aujourd’hui 9,6 millions d’abonnés dans le monde, Deezer tient à garder le cap sur son ambition première : se focaliser sur de purs contenus musicaux en incarnant un véritable « home of music », là où Spotify a investi massivement dans le podcast. Même si le géant suédois demeure la première plateforme de streaming au monde avec 406 millions d’utilisateurs actifs fin 2021, dont quelque 180 millions d’abonnés payants, la capacité d’évolution de Deezer reste vaste, d’autant plus si son entrée au CAC 40 lui permet une ouverture à l’international.

Cependant, l’actualité peut s’avérer révélatrice de certains maux propres à l’économie du streaming. Les récentes données négatives publiées par le géant du streaming Netflix illustrent les premières limites que peuvent connaître l’ensemble des plateformes numériques. La question du partage de compte, envisagé comme solution par la firme américaine, peut tout à fait être posée pour l’industrie de la musique. Si l’univers du streaming vidéo à la demande ressent ses premières chutes d’adhésion, qu’en est-il de l’avenir du streaming musical ? Des sociétés comme Deezer, Spotify ou Apple Music peuvent déjà s’en préoccuper…


Com de la semaine

Snapchat, l’application mobile préférée des 15-49 ans ! 

Source & Image : ©AFP/Robyn Beck/leparisien.fr

Alors que nous l’avions presque oublié, Snapchat vient de rappeler son statut de mastodonte parmi les réseaux sociaux en France. Vous pensiez encore que la sphère des « Snapchatters » n’était investie que par les plus jeunes ? Détrompez-vous car les chiffres certifiés de l’ACPM en disent long sur l’attractivité de la 3e plateforme sociale française : en cumulant 25 millions d’utilisateurs par mois, Snapchat est devenue la première application mobile pour les 15-49 ans.

Créée en 2011 par deux étudiants de l’Université de Stanford, le principal secret de la plateforme réside dans sa capacité à sans cesse innover pour divertir ses utilisateurs : création de contenus via l’appareil photo, démocratisation de l’usage de la réalité augmentée, communications visuelles en tout genre… l’application aux photos éphémères et aux filtres de réalité augmentée a toujours évolué parallèlement à ses concurrents, sans pour autant jamais s’éloigner de « l’objectif »…

Selon une étude établie par Médiamétrie et relayée par Snapchat, les sentiments de joie, tolérance, créativité, cohésion et spontanéité sont devenus les maîtres-mots du réseau social d’après ses utilisateurs, notamment au sortir d’une longue période de pandémie mondiale où l’application a été plébiscitée. La communication visuelle étant sa signature, Snapchat apparaît encore aujourd’hui comme incontournable dans le panorama des médias sociaux, qui plus est lorsque 96% de ses utilisateurs ont déjà utilisé une forme de communication visuelle en envoyant des messages à leurs amis.

Outre l’usage divertissant qu’en font ses utilisateurs, la plateforme jaune et blanche offre à présent de nombreux autres services et conseils afin d’améliorer la qualité de vie des internautes, faire évoluer leur façon de manger et même leur permettre de faire du shopping.. Si l’application fait le plein chez les plus jeunes, près d’un quart de ses adeptes sont âgés de 35 à 49 ans, leur nombre étant passé de 2.5 à 4 millions de visiteurs par jour en l’espace de seulement deux ans. Une aubaine pour les annonceurs…


Innovation de la semaine

Pour célébrer le Jour de la Terre, Instagram et Meta innovent en faveur de l’environnement !

La protection de l’environnement étant au cœur des préoccupations actuelles, c’est au tour des plateformes sociales de se transformer en acteurs écoresponsables. La dernière initiative en faveur de la planète nous vient d’Instagram : afin de faciliter les levées de fonds « green » sur son support, le groupe Meta lance une nouvelle fonctionnalité incluse directement dans le format Reels. Par le biais d’autocollants, ses utilisateurs pourront librement créer des collectes de fonds en live ou bien même simplement y participer.

Si plus de 150 millions de dollars de dons ont déjà été récoltés en faveur de causes environnementales sur Instagram et Facebook, l’empire de Mark Zuckerberg fait un grand pas vers la sensibilisation de sa communauté. L’innovation sera disponible dans plus de 30 pays et verra même une dizaine de créateurs de contenus français la tester prochainement en live.

En plus de ces futures donations pour l’environnement, le géant américain innove dans de nouveaux produits pour ses applications afin de montrer son véritable soutien en faveur de l’écologie : pendant qu’Instagram crée des autocollants écoresponsables afin de favoriser les achats durables de ses utilisateurs, Messenger met à disposition un nouveau set d’autocollants Avatar 3D ainsi qu’un nouveau « Group Effect » encourageant le débat autour du changement climatique.


Chiffre de la semaine

Un déficit de 200 000 abonnés en 3 mois : Netflix encaisse le coup.

Source : ©pressecitron Image : ©Netflix/gqmagazine.fr

Stupeur chez le géant du streaming américain. Alors que tous le pensaient intouchable, Netflix vient de connaître son premier revers en perdant 200 000 abonnés en l’espace de trois mois, voyant ainsi son action s’effondrer de presque 40% ce 20 avril à la Bourse de New York.

Le service d’abonnement vidéo, qui s’attendait à enregistrer 2,5 millions d’utilisateurs supplémentaires au 1er trimestre 2022, subit pour la première fois depuis plus de dix ans une baisse significative de ses abonnés. Se justifiant par la suspension de son activité en Russie depuis mars et par l’achèvement de deux années de confinement et de restrictions sociales, Netflix n’est guère optimiste pour la suite : 2 millions de désabonnements supplémentaires seraient prévus d’ici fin juin.

Assiste-on alors à un changement de tendance de consommation ? Indéniablement, le rapport à la concurrence n’est plus le même aujourd’hui pour une société qui gagnait jusqu’alors environ 25 millions d’abonnés par an. L’arrivée de Disney+, d’Apple TV+ et d’HBO Max sur le marché des plateformes SVOD offre un large panel de choix au consommateur, en plus d’avoir déjà à disposition des grands noms du streaming tels qu’Amazon Prime Video, Youtube ou encore Hulu.

Inquiet de l’avenir de son modèle économique, Netflix annonçait il y a quelques semaines vouloir modifier quelques-unes de ses règles fondamentales, à commencer par celle autorisant le partage de compte. La firme californienne, qui estime que plus de 100 millions de foyers dans le monde bénéficient du service gratuitement, a lancé au mois de mars plusieurs tests sur le marché sud-américain afin de facturer à ses clients l’ajout de profils supplémentaires à leur compte. Une évolution qui pourrait rapidement se généraliser à l’échelle mondiale.

Netflix pourrait également recourir à une décision drastique depuis sa création en 1997. Il ne serait pas impossible d’y voir arriver la publicité, ou du moins l’existence d’un modèle mixte avec un abonnement moins onéreux pour les abonnés aux contenus sponsorisés.

Alors « Is the streaming party over ? » C’est la question que de nombreux observateurs et analystes se demandent au lendemain de cet évènement, s’inquiétant de l’avenir du système économique du streaming et des futurs usages des consommateurs. Capucine Cousin, journaliste spécialisée en high-tech et auteure de NETFLIX & Cie Les coulisses d’une (r)évolution, estime que Netflix va notamment « devoir revoir ses productions, son budget ayant vraiment enflé au fil des années, tout en continuant de miser sur ses contenus phares ou sur des documentaires haut de gamme qu’il a commencé à sortir. » En bref, encore de quoi « binger » pas mal de temps…