Médias, Qué pasa dans les médias

¿ Qué pasa dans les médias ? #Novembre

Novembre 2017 a été marqué par la série de révélations d’agressions sexuelles qui n’a pas épargné les médias. Le modèle patriarcal de nos sociétés a été largement dénoncé. Dans ce contexte, une étude de Wiztopic a montré que 67% des directeurs de la communication des groupes côtés sont des femmes. Ce qui est intéressant, c’est que l’étude ne parle pas des professionnels de la communication dans leur ensemble, mais bien des directrices. D’ailleurs, une patronne est au cœur de l’actualité médiatique de Novembre : Delphine Ernotte.

Dégraisser le mammouth 

Le 14 novembre, Delphine Ernotte proposait, dans une tribune au Monde, de créer une équipe de France de l’audiovisuel, réunissant public et privé, à l’occasion des Etats Généraux du secteur. Les synergies qu’elle souhaite créer au sein du service public devraient servir d’inspiration pour cette alliance. De funeste réputation pour les dirigeants, l’évocation de ces Etats Généraux ne lui a pas porté chance. En effet, le 23 novembre, la voilà sous la menace d’une motion de défiance. Le but de cette manœuvre de la rédaction ? Eviter que les coupes budgétaires induites par le resserrement des crédits publics n’affectent les effectifs des rédactions.

Manœuvre payante car, alors que la baisse du rythme de diffusion d’Envoyé Spécial et de Complément d’Enquête était sur la table (moins de journalistes => moins de sujets => moins d’émissions), la direction décide finalement, le 28 novembre, 5 jours après la menace des syndicats, de maintenir ce fameux rythme de diffusion. Seuls 3 postes seraient supprimés dans les rédactions des magazines d’information : l’investigation sur le service public est sauvée !

Il faut dire que d’après une étude de Kantar le phénomène des fake news renforce la confiance dans les médias d’information traditionnels, au détriment des réseaux sociaux.

Le service public a donc un véritable rôle à jouer auprès d’un public en quête d’une information fiable. Des pistes sont à l’étude au sein de France Télévision pour créer un site d’information leader qui, en plus de reprendre le contenu de France Info et France Info TV, reprendrait celui de France 24.

Décrochage publicitaire 

Selon l’Irep, France Pub et Kantar Media, les recettes des médias historiques ont baissé de 3,2 % sur l’ensemble des trois premiers trimestres 2017. Cette baisse n’intègre pas les revenus digitaux des groupes de médias dits traditionnels qui, eux, augmentent.

Dans ce contexte, la digitalisation des organisations, de la production et diffusion de contenus s’accélère et les pratiques managériales évoluent. Citons seulement “My Little Paris” qui a confié un de ses pôles à une équipe composée de moins de 25 ans, digital natives par essence.

Un groupe a été particulièrement actif ce mois-ci; ses orientations stratégiques sont symptomatiques de l’approche actuelle des groupes médias : conserver son ADN et le digitaliser. Ainsi, le Groupe Bayard a, d’un côté :

et de l’autre :

Des nœuds et des arcs

À l’Assemblée Générale du WorldDAB, Nicolas Curien, président du groupe de travail radio au CSA a annoncé un calendrier de déploiement accéléré de la RNT. 15 zones étendues seront mises en appel avant mi-2018, afin que plus de 50 % du territoire soit couvert en RNT dès 2019. Avec 15 zones supplémentaires mises en appel avant mi-2019, les zones denses et les axes routiers seront couverts en 2020.

Une bonne nouvelle pour le média radio qui pourra ainsi proposer une meilleure qualité de service à ses auditeurs et ne pas dépendre d’une diffusion en IP qui le place à la merci des Telco et des Gafas. Le mois de novembre a d’ailleurs vu ce même média publier ses résultats d’audience.

Fait intéressant : la croissance de +0,9 points pour l’agrégat programmes locaux, portée par la croissance du groupement “Les Indés Radios”. En contrepoint de la mondialisation, les radios de proximité tirent leur épingle du jeu.

 

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