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On a testé Threads…

Impatient ? Alors que l’application n’est pas encore disponible en Europe, sur les magasins d’applications de Play Store ou encore l’App Store, Threads, la nouvelle application de Meta fait déjà sensation avec près de 100 millions d’utilisateurs dans le monde en l’espace de seulement 5 jours. Un record !

© Meta

Cette nouvelle plateforme ressemble assurément à celle de Twitter au travers de ses fonctionnalités : des posts avec 500 signes maximum, la possibilité de suivre les comptes, la certification des comptes… Les utilisateurs peuvent également intégrer des liens, des photos ou des vidéos de 5 minutes maximum. Les internautes peuvent aussi liker, commenter, partager ou repartager le post. Cependant, on remarque quelques différences notables entre la nouvelle application, Threads et Twitter : l’absence des hashtags, de messages privés mais également du fil des sujets tendances.

Esthétiquement, le design de l’interface rappelle cependant Instagram. Rien de plus étonnant étant donné que Threads est intitulé « Threads, an Instagram app ». En termes d’utilisation, l’un des gros avantages est que l’application s’appuie sur les informations de votre compte Instagram vous permettant ainsi de copier vos informations directement dans la plateforme. Une manière simple de retrouver les comptes que vous suivez déjà et d’en découvrir de nouveaux grâce à l’algorithme du « Feed » Threads.

Pour sa première mise à jour, l’application Threads a instauré 3 nouveautés. Le responsable de Instagram, Adam Mosseri a annoncé « avoir commencé à prioriser les fonctionnalités manquantes évidentes, comme un flux réservé aux gens que l’on suit, un bouton modifier et la recherche des publications ». Par ailleurs, si pour l’instant les outils publicitaires ne sont pas encore à jour sur l’application, il sera prévu de diffuser à la fois sur Instagram et sur Threads une publicité. Cette mesure est un pied de nez à Twitter dont les utilisateurs ne cessent de dénoncer les « arnaques » publicitaires.

Un retard prévu pour l’Europe

En Europe, la possibilité de télécharger et utiliser l’application ne sera pas cependant pour tout de suite. Et pour cause, la plateforme n’est pas en conformité avec les textes européens sur les marchés et services numériques liés au DSA (Digital Services Act) et le DMA (Digital Markets Act).

Ce dernier prévoit notamment une législation de lutte contre les pratiques anti-concurrentielles et ainsi corriger les déséquilibres sur le marché européen. Conçu dans la continuité de la plateforme Instagram, Threads utilise d’ores et déjà les données présentes sur Instagram : l’échange des données est à ce jour interdit par le DMA. Quant au DSA, son application vise à réguler les contenus à travers la modération mais également la transparence du service. Adam Mosseri s’est d’ailleurs désolé de ce retard « La complexité de la mise en conformité avec certaines des lois qui entreront en vigueur l’année prochaine est considérable. Nous ne voulons rien lancer qui ne soit pas compatible » avec les règlements européens. Lancer Threads en Europe, « c’est le plan ». Il assure qu’il est « déçu » d’avoir à temporiser. « Cela me brise le cœur. Mais cette fois-ci, cela va prendre beaucoup de temps. ». Rappelons qu’en début d’année, META avait écopé d’une amende record de 1,2 milliard d’euros de la Commission irlandaise pour la protection des données pour avoir enfreint le RGPD en collectant sans autorisation des données personnelles à des fins publicitaires. Pour l’instant, aucune date n’est annoncée pour l’accessibilité de la plateforme en Europe.

Un succès qui fait grincer les dents d’Elon Musk

Le fulgurant démarrage de Threads a suscité la colère du patron de Twitter. Et pour cause, en raison des similitudes entre Twitter et Threads, les deux plateformes sont bel et bien concurrentes. Elon Musk n’a pas tardé à réagir sur les réseaux en comparant le logo de Threads à un « ver solitaire ». En sus des attaques sur les réseaux sociaux, un courrier d’avocat émanant de Twitter a été envoyé à Meta reprochant ainsi des attitudes illégales et des infractions au droit de la propriété intellectuelle de Meta. Selon le courrier, Twitter reproche à Meta d’avoir « recruté des dizaines de leurs collaborateurs », qui auraient eu accès à des secrets commerciaux de la Twitter, le tout dans un contexte où Twitter a perdu près de la moitié de ses revenus publicitaires