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Manager à distance : bilan post-confinement

Source : Pixabay

A l’instar du bouton « J’aime » et après avoir accueilli comme il se doit le bouton « J’aime pas » de Facebook, nous avons décidé de lever le pouce – ou de le baisser – en analysant une actualité du monde digital.

Dans un article de mai dernier, dans L’Express, Laetitia Vitaud, auteure de “Du labeur à l’ouvrage”, nous parlait de l’avenir du travail et mettait en lumière les failles du management en télétravail. Une première vérité se distingue subtilement : il n’existe pas seulement deux options tranchées dans les différentes trajectoires qui se dessinent aujourd’hui. En d’autres termes, le futur ne classera pas en deux catégories : ceux qui peuvent télétravailler et ceux qui ne le peuvent pas.

Le management à distance a perturbé l’organisation du travail, au moins depuis ces 10 dernières d’années, mais surtout ces derniers mois ! Quels sont les principaux changements qui se sont produits durant le confinement et sur les évolutions des méthodes de management ? 

Le confinement a permis de développer, par une demande forte et soudaine, la popularité des solutions techniques de travail à distance. Que ce soit dans les habitudes de travail, ou dans leurs comportements, les managers comme les salariés ont dû s’adapter au travail à distance imposé. Les outils dédiés à ce mode de travail sont devenus des références en seulement quelques mois. Zoom, solution de visioconférence, en est le parfait exemple ! Beaucoup sont ceux qui n’avaient jamais utilisé, voire jamais entendu parler, cette application avant le confinement. Sur le premier trimestre 2020, l’entreprise qui gère l’application a vu son chiffre d’affaires presque tripler !

Le concret dans tout ça

Avant d’analyser les résultats observés, arrêtons-nous sur des points concrets. Aujourd’hui, quels sont les points principaux et essentiels à toute organisation en télétravail ? Pour construire un environnement de travail chez soi, c’est souvent une question d’outils informatiques !

Aider le plus possible les collaborateurs à gagner du temps, et leur construire le meilleur environnement de travail, passe nécessairement par un partage de solutions dédiées au travail à distance. Ainsi, un VPN efficace reste une des solutions les plus efficaces et simples à mettre en place pour contrer la cybercriminalité. Protéger les données professionnelles, qu’elles soient particulièrement sensibles ou non, de l’entreprise ou de ses clients, n’est certainement pas un luxe, mais bel et bien un standard à l’heure du ransomware.

Aussi, ne serait-ce que durant la période de confinement, rappelons que les chiffres de vente des solutions de visioconférence ont augmenté de 60 %. Mais au-delà de cette période ponctuelle, ce sont les tendances globales qui sont favorables à cette nouvelle façon de communiquer dans le travail. Pour preuve, Zoom a été l’application la plus téléchargée depuis le début du confinement. Pour favoriser les messages non-verbaux, qui ne peuvent donc pas être transmis par téléphone, la visioconférence est évidemment un élément à instaurer dans les méthodes de management. Par ailleurs, le partage des connaissances est essentiel, et un outil de gestion de projet collaboratif peut vite devenir indispensable. Selon les spécificités de chaque contexte, il existe Asana, Trello ou encore Monday. Ces outils permettent à un groupe de collaborateurs de partager des documents et d’échanger afin de faciliter le travail collaboratif autour d’un projet défini.

Même si les notions d’efficacité et de productivité deviennent de plus en plus discutées, notamment avec les philosophies axées sur l’équilibre de vie, il est important de savoir mesurer son temps de travail. À distance, et avec parfois un rythme de travail qui a besoin de se structurer, le tracker de temps est un outil sur lequel s’appuyer. Pour cela, Clockify, est un outil gratuit qui a fait ses preuves. Aussi, pour combattre la procrastination, il existe la méthode Pomodoro en avant, avec Be Focused par exemple.

Source : Pexel

La nouvelle place du travail

À l’heure des burn out, bore out et brown out, et autres maladies ayant pris naissance dans le monde du travail moderne, il est essentiel de tendre vers des trajectoires audacieuses, visionnaires et novatrices en termes de conditions de travail. Ce confinement a permis de voir de l’avant et d’ouvrir les yeux des plus réticents au travail à distance ! En revanche, sans préparation, la tâche peut se révéler difficile car en totale contradiction avec les méthodes de travail traditionnelles.

Pour que la mise en place du télétravail fonctionne, il est essentiel d’avoir une équipe accompagnée et qui évolue assurément vers une maturité professionnelle. Cela n’est pas lié au nombre d’années d’ancienneté, mais relève davantage d’un état d’esprit tourné vers l’adaptation, la curiosité naturelle, le changement et un attrait pour la nouveauté. Par ailleurs, un goût prononcé pour le “système D” est aussi propice à la collaboration à distance. En effet, il existe une part non négligeable de salariés déjà enclin à télétravailler, possédant naturellement ces aptitudes. Ils ont déjà rompu certains codes afin de laisser place à différentes méthodes de travail. Cette faculté offre à ces derniers un épanouissement plus complet puisque la méthodologie quotidienne qu’ils appliquent correspond à leurs habitudes de travail. Sans frein organisationnel, ils seront plus enclins à être efficaces, productifs et impliqués. À distance, la propension au présentéisme est restreinte, voire réduite à néant. Les résultats qualitatifs deviennent donc quasi exclusivement la référence du travail fourni par les salariés. Cependant, cet effet peut être négatif puisque les moyens mis en œuvre sont plus difficilement perceptibles par les managers qui, de fait, se concentrent sur les résultats. Le travail à distance amène donc les salariés vers une obligation de résultats et les éloigne de l’obligation de moyens. Comme l’explique très bien Julia de Funès dans une vidéo de Brut., devenue virale, « le management est plus direct parce qu’on s’occupe véritablement du résultat concret ».

Source : Pexel

La faculté d’adaptation, un facteur de succès important

Arrêtons-nous sur une aptitude primordiale dans les relations professionnelles à distance : l’adaptation. Cette dernière a été observée comme un facteur clé de réussite dans le management à distance. Dans ce bilan post-confinement, nous pouvons affirmer qu’il n’existe pas de recettes miracles. Le manager doit savoir se montrer souple et s’adapter en fonction des aspirations de chacun. Par exemple les journées de travail seront naturellement construites différemment pour un collaborateur qui a des enfants, par rapport à celui qui n’en a pas. De même, la flexibilité doit aussi s’appliquer pour l’organisation du travail en équipe. A titre d’exemple, les points quotidiens en présentiel peuvent devenir des réunions à distance tous les deux jours. En effet, il se trouve que le travail en présentiel occupe l’esprit au-delà des missions que nous avons à remplir. La posture, la tenue vestimentaire, l’attitude… sont autant de freins psychologiques largement réduits en télétravail. Cette notion permet de libérer les collaborateurs des barrières comportementales du travail en présentiel pour se concentrer, en télétravail, sur les valeurs intrinsèques de leurs missions.

Notons également que la confiance doit être au cœur de ces nouvelles méthodologie de travail. Le manager qui accroît sa surveillance risque de brider et braquer ses équipes. En effet, avant d’adopter des méthodes de management qui prônent l’absence de hiérarchie, ou même toutes directives, comme chez Valve, dans son encadrement, il existe des étapes intermédiaires. Il s’agit donc d’un juste milieu à trouver et d’une routine professionnelle à mettre en place. Cependant, les rencontres physiques resteront des facteurs de motivation et sont essentielles à la bonne cohésion des équipes. Même si cet avantage est collectif, il ne doit pas occulter les intérêts individuels du travail à distance. La fatigue des trajets quotidiens, si elle se réduit, permettra aux individus une meilleure gestion de leur temps de travail et cela se répercutera sur le groupe.

Quel avenir pour le télétravail post-confinement ?

Source : @anact-aract – anact.fr

Il est important de redonner une place inspirante et visionnaire au télétravail puisqu’il a le potentiel d’être une, si ce n’est “la”, solution pour construire un contexte qui favorise un travail plus épanouissant. Nous constatons une réelle prise de conscience dans le monde professionnel. La flexibilité vie privée/vie professionnelle qu’offre le travail à distance semble devenir une norme et le confinement de 2020 aura favorisé sa généralisation. Cette nouvelle philosophie de travail sollicite l’autonomie, la production intelligente où chaque action doit être utile. À la suite du déconfinement, le contexte n’obligera plus les entreprises et les salariés au télétravail. Cependant, à la suite de cette nécessité, beaucoup de professionnels ont découvert une nouvelle façon de travailler et de manager. Il sera ainsi plus aisé de faire adopter ce changement d’habitudes car la plupart des salariés français l’aura testé, et cela a été une révélation pour certain. L’avenir nous dira si le télétravail contraint a permis de favoriser le télétravail volontaire… Nous pouvons le penser car les réticences au télétravail tombent et, pour une part importante des professionnels, il est devenu une évidence alors qu’ils ne l’avaient jamais envisagé.

Au-delà des habitudes comportementales qui ont évolué, l’élargissement des solutions techniques a également permis de réduire les réticences des professionnels vis-à-vis du travail à distance. Ces 2 facteurs ont, conjointement, démocratisé cette nouvelle méthode de travail et de management. Avec le confinement, l’accent a été mis sur la sécurité, comme Zoom qui a dû s’adapter aux mécontentements de ses utilisateurs. Maintenant que les méthodologies organisationnelles et comportementales ont commencé à changer, le travail à distance à l’avenir devant lui… Mais, pour autant, nous dirigeons-nous vers un monde professionnel entièrement à distance ? Cela est peu probable et nous pouvons espérer que les relations physiques, même réduites, restent une nécessité.