Pouce baissé contre, Tendances

Le chantage de Facebook sur les données personnelles de ses utilisateurs

Le chantage de Facebook sur les données personnelles de ses utilisateurs

Facebook fait de nouveau parler de lui. Il a récemment menacé de fermer ses réseaux sociaux en Europe à cause des lois RGPD trop strictes au goût du fondateur.

Bientôt la fin d’Instagram et de Facebook en Europe ?

Dans son rapport annuel à la SEC (US Securities and Exchange Commission) du 3 février 2022 , le groupe Meta – anciennement Facebook – annonçait qu’il ne serait « probablement plus en mesure d’offrir bon nombre de ses produits et services les plus importants, y compris Facebook et Instagram, dans l’Union Européenne ». La cause ? Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) en Europe, qui empêchent l’échange des données d’utilisateurs européens avec les États-Unis.

Le chantage de Facebook sur les données personnelles de ses utilisateurs
Image et source : ©Libération

Que doit-on en penser ?

Ce n’est pas une première pour le réseau social. En 2018, cinq plaintes contre Facebook, Google, Apple, Amazon et LinkedIn avait été envoyées par la Quadrature du Net et d’autres associations européennes à la CNIL  (Commission Nationale de l’Information et des Libertés). L’une d’entre elles avait abouti et Amazon avait dû débourser 746 millions d’euros pour une amende en juillet 2021. Facebook pourrait bien connaître le même sort.

En 2020, les autorités irlandaises estimaient également que les données personnelles étaient moins protégées aux États-Unis qu’en Europe. Elles interdisaient alors à Facebook l’envoi de données qui ne protège pas la vie privée. La Cour de Justice de l’Union Européenne avait décidé d’annuler le Privacy Shield, accord permettant de surveiller le transfert de données entre l’Union Européenne et les États-Unis. Ce dernier prévoit que, pour permettre un transfert de données, le pays en question doit proposer le même niveau de protection des données personnelles que ce que prévoit l’UE avec le RGPD, or, il a été jugé que ce n’était pas le cas des États-Unis.

Le chantage de Facebook sur les données personnelles de ses utilisateurs
Image : ©Canva

Coup de pub ?

Selon Libération, « Pour Bastien Le Querrec de la Quadrature du Net, l’association de défense des droits et libertés sur Internet qui a porté plainte contre le géant américain, Facebook se paie surtout un coup de com, dans le but d’influencer l’Union Européenne (UE) et ses pays membres qui approfondissent la régulation des GAFAM. Et commencent même à les sanctionner. ».

Dans une réponse au média City A.M, rapportée par Frandoid, le groupe de Mark Zuckerberg n’hésite pas à provoquer : « Un manque de transferts internationaux de données sûrs, sécurisés et légaux nuirait à l’économie et entraverait la croissance des entreprises axées sur les données dans l’UE, au moment même où nous cherchons à nous remettre de Covid-19. […] L’impact serait ressenti par les entreprises, grandes et petites, dans de multiples secteurs. »

Selon Libération toujours, Facebook pourrait très bien héberger ses données en Europe pour respecter le droit de ses internautes. Mais il devrait changer son modèle économique et existerait donc sous une autre forme. Rappelons que ce modèle repose essentiellement sur les publicités, là où Google, Amazon, Apple et Microsoft ont réussi à diversifier leurs sources de revenus au fil des années.

L’impact économique

D’après le Nouvel Obs, « La fin du transfert de données européennes pourrait faire perdre beaucoup d’argent à Meta. En effet, c’est cet échange de données qui permet à Facebook de proposer des publicités en ligne ciblées. ». Meta faisait déjà parler d’elle il y a quelques jours, lorsqu’on apprenait son effondrement en bourse de plus de 20 %. Le réseau social a connu une baisse d’environ un million d’internautes quotidiens entre les deux derniers trimestres de l’année 2021.

Le chantage de Facebook sur les données personnelles de ses utilisateurs
Source : ©Frandoid

Quand on voit la perte conséquente pour le groupe après le départ de « seulement » un million d’utilisateurs, il est difficile de croire à la fin de Facebook, Instagram et WhatsApp en Europe…